Tags : Comment le cerveau réagit-il face à un surplus de stress ? - Comment le stress affecte la mémoire ? - Le stress est-il toujours mauvais pour le cerveau ? -

Le stress demeure un problème de santé majeur dans le monde. Plus d’un tiers des adultes rapportent que leur stress a augmenté au cours de la dernière année. Vingt-quatre pour cent des adultes déclarent éprouver un stress extrême, comparativement à 18 pour cent l’année précédente. Il est bien connu que le stress peut nuire à la santé en général. Mais le stress peut-il réellement changer la physiologie du cerveau ? La science dit oui.

L’Institut national de la santé mentale définit le stress comme étant simplement « la réponse du cerveau à toute demande ». Compte tenu de cette définition, le stress n’est pas toujours mauvais. C’est simplement une réponse. Sa nocivité dépend en fin de compte de son intensité, de sa durée et de son traitement.

insomnie et stress
l’insomnie une conséquence d’un trop plein de stress

Le stress peut prendre diverses formes. Un certain stress survient à la suite d’un seul événement à court terme – une dispute avec un être cher, par exemple. D’autres stress sont dus à des conditions récurrentes, comme la gestion d’une maladie de longue durée ou d’un emploi exigeant.

Lorsque des états récurrents causent un stress à la fois intense et soutenu sur une longue période de temps, on peut parler de stress  » chronique  » ou  » toxique « . Bien que tout stress déclenche des réactions physiologiques, le stress chronique est particulièrement problématique en raison des dommages importants qu’il peut causer au fonctionnement du corps et du cerveau.

Principales causes de stress

Le stress survient pour un certain nombre de raisons. L’enquête 2015  a révélé que l’argent et le travail étaient les deux principales sources de stress chez les adultes en France pour la huitième année consécutive. Parmi les autres facteurs communs, mentionnons les responsabilités familiales, les problèmes de santé personnels, les problèmes de santé touchant la famille et l’économie.

stress et prise de poids
L’alimentation et les compléments alimentaires anti-stress

L’étude a révélé que les femmes sont constamment aux prises avec plus de stress que les hommes. Et ceux qui sont confrontés à la discrimination fondée sur des caractéristiques telles que la race, le handicap sont plus stressés que leurs homologues qui ne sont pas régulièrement confrontés à de tels préjugés sociaux.

Effets physiologiques du stress sur le cerveau

Le stress est une réaction en chaîne. Lorsqu’une personne vit un événement stressant, l’amygdale, une région du cerveau qui contribue au traitement des émotions, envoie un signal de détresse à l’hypothalamus. Cette zone du cerveau fonctionne comme un centre de commande, communiquant avec le reste du corps par le système nerveux pour que la personne ait l’énergie de se battre ou de fuir.

Cette réaction de  » combat ou de fuite  » est responsable des réactions physiques extérieures que la plupart des gens associent au stress :

  • l’augmentation de la fréquence cardiaque ;
  • l’augmentation des sens ;
  • un apport plus profond d’oxygène et la poussée d’adrénaline.

Enfin, une hormone appelée cortisol est libérée, qui aide à restaurer l’énergie perdue dans la réponse. Lorsque l’événement stressant est terminé, les niveaux de cortisol chutent et le corps retourne à la stase.

Effets du stress chronique sur le cerveau

Bien que le stress en soi ne soit pas nécessairement problématique, l’accumulation de cortisol dans le cerveau peut avoir des effets à long terme. Ainsi, le stress chronique peut entraîner des problèmes de santé.

Les fonctions du cortisol font partie du processus naturel du corps. Avec modération, l’hormone est parfaitement physiologique et ses fonctions sont multiples. En plus de rétablir l’équilibre de l’organisme après un événement de stress, le cortisol aide à réguler la glycémie dans les cellules. Cette hormone a aussi une valeur utilitaire dans l’hippocampe, où les souvenirs sont stockés et traités.

Mais lorsque le stress chronique est ressenti, l’organisme produit plus de cortisol qu’il n’a de chance de le libérer. C’est à ce moment que le cortisol et le stress peuvent causer des problèmes. Des niveaux élevés en cette hormone peuvent affaiblir la capacité du cerveau à fonctionner correctement.

Selon plusieurs études, le stress chronique :

  • altère les fonctions cérébrales de multiples façons ;
  • perturbe la régulation synaptique ;
  • entraîne une perte de sociabilité ;
  • entraîne l’évitement des interactions avec les autres ;
  • tue les cellules cérébrales ;
  • réduit la taille du cerveau.

Le stress chronique a un effet rétrécissant sur le cortex préfrontal, la zone du cerveau responsable de la mémoire et de l’apprentissage.

Comprendre comment le stress affecte le cerveau

Les professionnels de la santé et des services sociaux ou de psychologie ont la possibilité d’aider les autres à gérer efficacement leur stress et à comprendre comment le stress affecte le cerveau.

L’hormone du stress affecte la mémoire

Dans leur étude, les chercheurs ont travaillé avec des participants dont l’âge moyen était de 49 ans et qui n’avaient reçu aucun diagnostic de démence.

Au départ, les enquêteurs ont demandé à chaque participant de subir un examen psychologique. Ils ont également évalué la mémoire et les capacités de réflexion de chaque participant. À la fin de l’étude, ils ont évalué à nouveau ces capacités après une période moyenne de 8 ans.

Au début de l’étude, tous les volontaires ont fourni des échantillons de sang. L’équipe les a recueillies le matin, après une période de jeûne appropriée, afin que les résultats des analyses sanguines soient exacts.

Les chercheurs voulaient mesurer le taux de cortisol dans le sang des participants. Après avoir évalué ce taux, les chercheurs ont divisé les participants en groupes en fonction de leurs résultats.

Ils ont catégorisé les participants en 3 groupes, selon leur taux en cortisol, allant du niveau élevés, moyens au faible.

Le niveau moyen regroupait les personne dont la concentration en cortisol était  normale (de 10,8-15,8 microgrammes par décilitre).

Résultats des recherches

Les chercheurs ont découvert que par rapport aux sujets du groupe normal, ceux ayant des taux élevés de cortisol sanguin avaient une mémoire réduite. Il est important de noter que ces personnes présentaient des troubles de mémoire avant même l’apparition des symptômes du stress.

Ces résultats sont demeurés constants même après que les chercheurs se soient ajustés pour tenir compte de facteurs modificateurs pertinents, comme l’âge, le sexe, l’usage du tabac et l’indice de masse corporelle (IMC).

Le cortisol affecte de nombreuses fonctions différentes. Il est donc important d’étudier en profondeur comment des niveaux élevés de cette hormone peuvent affecter le cerveau.

Ensuite, 2 018 participants ont accepté de se soumettre à une IRM. Ceci,  afin que les chercheurs puissent mesurer le volume de leur cerveau. Cela a permis aux chercheurs de confirmer que les personnes avec un taux élevé de cortisol avaient également tendance à avoir un volume cérébral total plus réduit.

Les personnes du groupe à forte teneur en cortisol présentaient un volume cérébral total moyen de 88,5 % contre 88,7 % chez les personnes ayant un taux de cortisol régulier.

Toutefois, les chercheurs n’ont trouvé aucun lien entre ce phénomène et la mémoire ou le volume du cerveau d’une personne.

Limite des études

Néanmoins, les chercheurs admettent que leur étude comporte certaines limites, comme le fait qu’ils n’ont mesuré qu’une seule fois le taux de cortisol dans le sang des participants, ce qui peut ne pas être représentatif de leur exposition à long terme à cette hormone.

De plus, ils notent que la plupart des participants à l’étude étaient d’origine européenne, ce qui signifie que les résultats peuvent ne pas refléter exactement les effets du stress sur d’autres populations.